Un moment privilégié avec Mélissa Da Costa

Après le succès de son livre Tout le bleu du ciel, j’ai décidé de contacter Mélissa Da Costa pour en apprendre un peu plus sur elle et son travail. Elle a répondu présente et motivée pour se livrer en toute simplicité.

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Le Journal De Yog : Comment décririez-vous l’auteure que vous êtes en 3 mots ?

Mélissa Da Costa : Passionnée. Emotions. Lenteur (dans le déroulé des intrigues)

LJDY : Quel est votre parcours d’écrivain ?

MDC : J’écris depuis mon plus jeune âge. 7 ans. A peine ai-je appris à former et aligner des mots que j’écrivais des poésies, des contes, puis des romans. J’ai toujours écrit : de la primaire au lycée, et encore après, pendant mes études à la fac… A mes 25 ans, je viens enfin à bout d’un roman. Auparavant, je me contentais d’en démarrer des dizaines sans les terminer.  Ce premier roman a été suivi d’une suite et je les ai déposés tous deux sur Amazon où j’espérais trouver des lecteurs, mais je suis vite tombée dans la masse et l’anonymat du site. « tout le bleu du ciel » est mon 3eme roman écrit et j’ai décidé de le mettre en ligne sur la plateforme  « monbestseller.com » qui ressemble aux plateformes type WattPad. Au bout de 3 mois sur ce site, j’avais été repérée et je signais un contrat pour « Tout le bleu du ciel ». Par la suite, c’est Albin Michel qui s’est intéressé à moi et a publié ” Les lendemains “. Une nouvelle parution attend les lecteurs en mai.

LJDY : Au fil des pages de votre roman, vous embarquez le lecteur dans un voyage qui se révèle contemplatif et spirituel. Qu’apporte cette démarche au sein de l’histoire ? Fait-elle écho à une expérience personnelle ?

MDC : J’aime mettre de la profondeur et de la spiritualité dans des scènes banales du quotidien : un thé pris au soleil, un réveil en douceur. J’aime mettre de la contemplation dans tout. C’est ainsi que j’essaie de voir la vie. Et c’est ainsi qu’on devrait tous la voir, je crois : voir le sacré derrière le banal, le normal, ce qu’on ne voit plus, ce qu’on ne regarde plus vraiment.

LJDY : Le personnage d’Émile est très touchant et attachant. Pourquoi avoir choisi de le doter de cette maladie ?

MDC : C’est une maladie qui touche à la fois son corps (dégradation puis arrêt des fonctions vitales) et son esprit (perte de son passé, ses souvenirs, sa personnalité aussi en quelque sorte). c’est ce qui me semblait intéressant à traiter : la mort physique et la mort psychique. Finalement, la mort physique n’est pas toujours la plus difficile à accepter pour les proches… De plus, j’avais envie de traiter le rôle de l’accompagnant dans cette maladie qu’est Alzheimer… alors que la personne retombe dans le passé et se transforme en enfant, l’accompagnant lui, prend le rôle de parent très maternant. Dans le cas de Joanne, cela lui permettait d’endosser de nouveau son rôle de maman, de se réparer à travers ce rôle de maman qu’elle avait dû abandonner trop tôt.

LJDY : Joanne nous inspire par son attitude méditative et son mode de vie différent. Que représente pour vous la méditation ?

MDC : Actuellement je n’en ai plus tellement le temps ou disons que je ne le prends plus mais à l’époque où j’écrivais ce roman, je suivais une formation en sophrologie et je pratiquais beaucoup la méditation en pleine conscience. Cela permet d’ouvrir son esprit à l’invisible, de se connecter davantage à son corps et aux autres, je trouve. Aujourd’hui même si je ne prends plus trop le temps de m’allonger et de me réserver un temps de méditation, je continue d’observer le monde en pleine conscience et de me mettre en pause régulièrement, dans pas mal de situations du quotidien.

LJDY : Votre livre est un savant mélange entre roman, récit de vie, voyage et développement personnel. Est-ce volontaire ou avez-vous souhaité mettre en avant un genre particulier ?

MDC : Rien n’est volontaire 🙂 rien n’est réfléchi. J’ai eu envie d’écrire parce que j’aime passer du temps dans un autre monde, à donner vie à des personnages et je l’ai fait, je me suis lancée.

Ce livre avait pour vocation d’être un roman, rien de plus. Je n’ai jamais voulu faire de développement personnel. S’il y en a, je pense que c’est le fait de Joanne, qui était très tournée vers ces pratiques. Je me suis laissée embarquer par mon personnage en fait 😉

Quand j’ai démarré, j’avais vaguement une idée de la fin mais rien d’autre. Tout m’est venu au détour des pages, en improvisation totale. Je suppose que l’aspect développement personnel est là aussi parce qu’à l’époque de l’écriture du roman, j’étais plongée dans plusieurs formations en médecine douce, sophrologie… donc je baignais dedans. Quant à l’aspect voyage, je ne sais pas trop, j’ai toujours été fascinée par ces paysages de montagne. On les retrouve dans mes 2 premiers romans autoédités également. Je trouve que les paysages et les lieux sont des entités à part entière dans les romans et créent à eux tout seul une bonne partie de l’ambiance des romans. Les montagnes inspirant au calme, à la sérénité, à l’introspection, la fascination, j’y ai planté mon décor. Mes personnages étant tous deux dans une errance, il me paraissait logique de les voir évoluer de lieu en lieu, de trouver des réponses à chaque étape de ce périple.

LJDY : Je fais partie de différents groupes de développement personnel et votre livre ressort chaque semaine dans les discussions. Le considérez-vous comme une référence à l’instar du roman ” Ta deuxième vie commence quand tu comprendras que tu n’en as qu’une “ ?

MDC : Je ne pense pas… En tout cas, s’il l’est, c’est chouette et c’est malgré moi. Je l’ai écrit comme un roman, tout simplement, comme une belle histoire d’humanité, d’amour. Je n’ai jamais eu la volonté de transmettre des messages à tout prix ou de guider. J’avais juste envie d’écrire de belles choses qui touchent et font aimer la vie.

Mélissa Da Costa
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LJDY : Il me semble que l’idée de l’écologie est présente tout au long de ce périple. Quelle est votre position face au désastre écologique actuel ?

MDC : Oui, c’est une cause à laquelle je suis très sensible depuis mes études. J’ai fait du thème du développement durable le sujet de mon mémoire à l’époque, puis je me suis engagée en service civique dans une collectivité sur une action de développement durable également. C’est un sujet qui transparaît donc naturellement dans mes écrits. Ma pensée est que nous pouvons tous vivre différemment, revenir à l’essentiel, aux sources, vivre dans une sobriété heureuse. C’est ce que démontrent tous ces écolieux qui fleurissent actuellement et qui sont de formidables vecteurs.

LJDY : Quel livre est actuellement sur votre table de chevet ?

MDC : Je suis une lectrice qui touche à tout. Actuellement, je lis un livre autopublié que m’a envoyé une de mes lectrices. “la douceur angevine” de Blandine Cain mais j’ai un Douglas Kennedy qui m’attend également “Mirage” et un Clarisse Sabard.

LJDY : Que nous réservez-vous pour les prochains mois ?
Un nouveau roman ? Une adaptation ?

MDC : Le prochain roman “Je revenais des autres” à paraître en mai. Il s’agit de mon premier roman écrit, lorsque j’avais 24 ans, celui-là même qui avait été autoédité à l’époque et qui verra le jour officiellement dans toutes les librairies .

J’ai deux autres romans d’avance mais je continue d’écrire car c’est ce qui me fait vibrer, c’est un indispensable dans ma vie. Je croise également les doigts pour une adaptation de “Tout le bleu du ciel” à la télévision. Projet possible, des discussions ont été amorcées mais il faut toujours rester prudent et patient. Sinon, pour ceux qui ne l’auraient pas encore découvert, je vous invite à vous plonger dans “Les lendemains“, mon second roman paru en 2020 et paru en poche il y a quelques semaines.

Merci Mélissa d’avoir participé à cet article.

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Emmanuel pour LJDY

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