Partir vivre à la campagne

Bien loin de moi les souvenirs de mon enfance. Revenir vivre à la campagne a été une bulle d’oxygène dans ma vie. De nombreux témoignages existent et riment parfois avec des modes de vie différents, tout comme celui d’Alexandre Leroux.

La campagne a évoluée

Oubliez les cris du coq, l’odeur de foin et les routes de campagnes pleines de bouse. Ce temps-là est malheureusement bel et bien révolu. La révolution hygiénique est passée par là ou peut-être l’envahissement des campagnes par les citadins ou bien est-ce la faute des procéduriers de tous poils, prêts à aller embrocher le premier animal, bruyant, venu… Allez savoir !

Ancienne Parisienne, partie retrouver la terre de mes ancêtres, j’ai longtemps regretté de ne pas avoir déménagé plus tôt.

Mon âme est à la campagne ce que mon corps est au soleil

Et j’ai vieilli …

Comme pour tout élan nostalgique, mes souvenirs d’enfance à la campagne se révélaient plus colorés et plus parfumés que ce que je n’y ai réellement trouvé. Le soleil était moins chaud ; les hivers, moins gais.

En vérité, j’avais vieilli. Je ne grimpais plus aux arbres depuis un certain temps ; je ne passais plus mes journées à l’extérieur ; je ne rêvais plus de me baigner dans l’eau des rivières par toute saison… La campagne avait, elle aussi, prit un sacré coup dans la tronche : la bétonisation de masse, les parkings et les zones industrielles avaient fait disparaitre, peu à peu, les endroits que j’aimais jadis.

De l’authenticité

Mais, au détour d’un chemin, le fumet rare d’un crottin de cheval, qui a lâché tout naturellement son flux alvin, m’a transformée. D’abord dubitative quant à l’effluve (ne serait-ce pas encore de l’Atrazine que je suis en train d’inhaler ? ) mes sens se sont réveillés peu à peu et j’ai humé tout mon soûl cette émanation, subtile et vraie. Juste à côté de l’équidé se tenait un vieux monsieur avec sa casquette d’un autre âge. Nous nous sommes regardés sans rien dire. J’ai levé la main pour le saluer ; il a incliné un peu sa casquette : une véritable communion entre taiseux.

Je suis devenue ce vieil homme, insatisfait du monde dans lequel il se trouve, rêvant d’iles désertes et de cocotiers et pourtant heureux, près de son canasson. Loin de ma campagne, les plages seraient trop bondées, pas assez calmes ; l’air me semblerait intenable. A défaut du bruit, des odeurs et des paysages, il y a les gens. Depuis cinq ans, j’ai découvert des condensés de vie. De personnes fortes en esprits solidaires dans l’adversité, ils m’ont appris sur moi-même plus que ce que je n’ai compris au reste de ma vie. Vivre à la campagne impose d’être authentique ; c’est peut-être cela le prix à payer pour en être comblé.

Connaissez-vous quelqu’un qui a osé changer de cadre de vie ?

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Anna pour LJDY

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